Samedi 6 mars 2010
de 11h à 13h
et de 16h à 18h
La Panthère
voire plus bas -->
Lun - Ven
8:20 - 18:30
Sam 10:00 - 18:30
Vacances scolaires
tous les jours,
10:00 - 18:30
Fermeture
du 31 juillet au soir jusqu'au 24 août au matin
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Aventures en Loire, 1000 km à pied et en canoe (Phébus)Après la trilogie de la Longue Marche sur la route de la soie, Bernard Ollivier entreprend à 70 ans la descente de la Loire depuis sa source, au Mont Gerbier de jonc sur 1000km.
A pied ou en canoe, l’auteur va devoir affronter le froid, la pluie et les courants de ce fleuve majestueux mais découvrir aussi la beauté des sites et la lumière si particulière.
Preuve en est que la beauté est partout si on prend le temps de l’observer.
Au fil des rencontres, Bernard Ollivier dessine un portrait des gens du bord de Loire qui lui ouvrirent leurs portes et leur cœur.
On se laisse transporter…
Des myrtilles dans la yourte de Sarah Dars (P Picquier)Une partie de chasse organisée en Mongolie va bientôt tourner au cauchemar.
Le pays n’offre pas que des yourtes, des cavaliers et des troupeaux…
Un premier chasseur américain disparait sur ces terres infinies.
L’inspecteur Yesugee,amateur de femmes et de boissons, accusé d’insubordination par sa hiérarchie, ne va pas lacher sa proie.
Un petit polar, prétexte à plonger dans l’histoire et les us et coutumes de la Mongolie.
Le vide et le plein de Nicolas Bouvier, FolioCarnets du Japon 1964-1970
A travers des textes courts, des scènes captées sur le vif avec la précision d’un photographe, Nicolas Bouvier nous retranscrit ses souvenirs et ses découvertes, ces fragments d’éternité, au fil des routes vers Tokyo, Kyoto et autre endroits japonais.
L’auteur nous donne une leçon de vie: l’usage du monde au quotidien.
«Certains pensent qu’ils font un voyage, en fait c’est le voyage qui vous fait ou vous défait»
L’usage du monde, Nicolas Bouvier
Un dépaysement total…
Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures
de patates de Mary Ann Schaffer et Annie Barrows (Editions du Nil)Du 30 juin 1940 au 9 mai 1945… les Allemands occupèrent l’ile de Guernesey, se comportant au début comme des touristes puis en véritables conquérants.
A travers une correspondance soutenue entre une jeune auteur anglaise, son éditeur et quelques autochtones, à l’origine de la création d’un cercle littéraire, c’est toute la vie quotidienne de l’ile qui est dépeinte. Une petite communauté, prête à ne pas céder devant l’ennemi, qui se retrouvait à l’occasion des réunions du cercle pour tromper la vigilance de l’ennemi va susciter l’intérêt et la curiosité de l’écrivain, Juliet en mal d’imagination.
Elle tient son sujet : l’histoire d’Elisabeth Mc Kenna, fondatrice du groupe, emprisonnée sur le continent et déportée pour avoir caché un travailleur polonais. Sans oublier ses très chers amis aux personnalités diverses et attachantes.
Des années terribles de famine et de frustration, adoucies par ces rencontres ou ne manquait jamais la tourte aux épluchures de patates…
Un best-seller savoureux, déjà traduit dans 20 langues, plein de fraîcheur, de sensibilité et d’humanité.
Intrigue à Versailles de Alain Goetz (Grasset)Pénélope, jeune conservatrice du Patrimoine (spécialiste de tissus coptes) nous revient, fraîchement nommée à Versailles. Dès son arrivée, un cadavre est découvert dans un bassin, un Chinois, Mr Lu veut l’entraîner dans une entreprise folle, pour reconstituer à Shangai l’état original du château de Versailles sans compter les soirées « convulsives » de descendants des Jansénistes qui sont plus qu’alarmantes.
Avec brio et perspicacité Pénélope et son ami Wandrille vont mener une enquête haletante.
A Goetz nous fait découvrir les coulisses du château de Versailles mais aussi la ville qui s’endormirait moins qu’on le laisserait supposer.
Un livre passionnant pour les amoureux de Versailles et du grand siècle, une intrigue qui se délie au fil des pages avec beaucoup de finesse.
A lire.
Alain Goetz est ancien élève de l’Ecole Normale, agrégé d’histoire, docteur en histoire de l’art et maitre de conférence .
La reine des lectrices de Alan Bennett (Denoel)A Bennet nous invite à découvrir une Reine d’Angleterre
qui un beau jour se pique d’une passion pour la lecture.
Après avoir rencontré par le plus grand des hasards un employé aux
cuisines, entrain de choisir un livre dans un bibliobus, sa Majesté se
lance au grand dam de son personnel dans la lecture : Les sœurs
Bronte, Henri James, Nancy Mitford, Jean Genet…
Des cuisines, Norman Seakins a gravi quelques étages pour devenir le conseiller en lecture de la reine.
Mais « lire c’est se retirer. Se rendre indisponible » et la Reine en oublie ses obligations et bouscule l’implacable protocole de la Maison.
La reine s’informe, élargit son domaine de lecture et désire même rencontrer les auteurs pour discuter de leurs œuvres. Du jamais vu !
Elle se mettrait aussi à écrire !
A Bennett traite avec beaucoup d’humour cette histoire faisant de cette reine un peu marionnette un personnage attachant, découvrant le monde et les sentiments à travers P Roth, TS Eliot et bien d’autres…
Une réflexion sur le pouvoir subversif de la lecture.
De A à X de John Berger (L’Olivier)S’il y a un livre à savourer c’est bien celui-la.
Ne passez pas à coté, vous le regretterez….
Aïda écrit des lettres bouleversantes, sensuelles et pragmatiques à son amant, Xavier condamné à perpétuité, détenu dans la cellule 73.
Jamais ces lettres ne lui seront remises, il ne les lira jamais car il est à l’isolement.
Aïda est ces yeux, témoignant de son quotidien, de sa vie de pharmacienne, de la vie du dehors en 2 mots.
Le roman n’est pas situé, il pourrait se tenir nulle part et partout, Kaboul, Gaza, Amérique latine, un no man’s land sous dictature militaire ou la vie y est dure.
Ce roman tisse allègrement les souvenirs tendres, l’amour, le quotidien et la politique.
Une méditation sur la vie et le destin de chacun.
Un bijou.
John Berger est agé de 83 ans, il vit dans un petit village de Haute-Savoie.
Anglais excentrique, auteur engagé, ( il reversa la moitié de ce que lui avait rapporté le Booker Prize en 1972 aux Black Panthers), Berger est ausi peintre, scénariste et éditeur .
A découvrir.
Le sumo
qui ne pouvait pas grossir, d’Eric Emmanuel Schmitt (Albin Michel)
**L’auteur rajoute ce conte du bouddhisme zen à la liste de
ses textes philosophiques.
Jun traine ses 15 ans dans les rues de Tokyo en vendant
des romans-photos à la sauvette.
Un jour, Shonintsu le rencontre et lui révèle qu’il voit en lui un gros qui pourrait devenir sumo.
Comment le croire quand on pèse 30kg tout mouillé ?
Grâce à son maître, Jun va découvrir le monde de la force mais aussi de la confiance en soi et de l’intelligence.
Après maints exercices, il réussira à accepter son passé et son histoire et à trouver le chemin de la sagesse.
Grâce à cette acceptation de soi, l’enfant retrouvera l’envie de vivre.
Et
le jour sera pour eux comme la nuit d'Ariane Bois (Ramsay)Le titre de ce premier roman est inspiré du poème de Victor Hugo, « demain dès l'aube », en mémoire de sa fille Léopoldine, morte noyée à 19 ans.
Ariane Bois dédit ce livre « à l'absent toujours présent » qui s'est suicidé du 7eme étage d'un immeuble bourgeois à 20 ans.
Pourquoi Denis a-t-il mis fin à ses jours ? 4 voix se répondent, Pierre et Laura, le petit frère, Alexandre et la sour ainée Diane, cherchant désepérément comment survivre. Comment surmonter la solitude, le vide et surtout ce sentiment de culpabilité qu'ils éprouvent tous ?
Un roman d'une justesse impressionnante sans tomber dans le pathos ou l'apitoiement.
A lire.
A méditer
On aime et on relit cette superbe histoire de femme qui du jour
au lendemain largue les amarres, lâchant mari, travail, famille
et amis, tout en gardant comme seul point d’ancrage un ami d’enfance,
en Bourgogne.
Juliette, déçue par l’infidélité de
son mari, désire « éteindre sa vie passée » et
disparaître. Fuir et se fondre dans le paysage sublime du Sud de
l’Italie.
Quignard livre un roman très sensible et sensuel sur la rupture et l’adieu au monde qui fera vivre à Juliette la solitude, l’amitié et l’amour.
Allez découvrir le film avec Isabelle Huppert ( après avoir lu le livre)
Un homme et une femme se rencontrent à Méribel dans une librairie.
Lui est libraire essayant de maintenir un petit rayon de bons auteurs contre son patron qui veut des ventes, donc des best-sellers.
Elle, lectrice assidue, à ses heures d’insomnie entre autres, frustrée de ne pas trouver les titres qu’elle chérit lui propose d’ouvrir une librairie idéale qui ne vendrait que des bons romans. Un comité de 8 personnes anonymes qui ne se connaissent pas dressera la liste des auteurs à avoir sur les étagères. Un beau jour de septembre la librairie ouvre près de l’Odéon à Paris, remportant dès le 1er jour un grand succès qui au fil des jours va faire des jaloux, des envieux. Les ventes baissent, 3 membres du comité sont sérieusement agressés…
Magnifique livre qui brille par son style léger et divertissant, par l’érudition et la passion des libraires sans oublier le coté thriller qui double l’histoire.
On se prend même à aller vérifier les titres…
La
vie d’un home inconnu, Andrei Makine(Seuil)Choutov, écrivain de 50 ans, ancien dissident soviétique, part pour St Pétersbourg retrouver un amour de jeunesse.
L’histoire d’un homme qui dans sa fuite espère retrouver ses souvenirs, éprouver de nouveau l’incandescence de ses idéaux de jeunesse et les émotions de son 1er amour.
Le livre s’attache à faire renaître en toile de fond le destin d’un pays et d’une société que le héros ne reconnaît plus. Deux histoires d’hommes s’enchevêtrent, 2 périodes de l‘Histoire sont confrontées à travers la vie d’un soldat qui aura connu le siège de Sébastopol et les étapes sanglantes et meurtrières de la seconde guerre mondiale, ainsi que le Goulag, et Choutov, témoin déçu de l’évolution de la société russe.
Un grand livre.
La pluie avant qu’elle tombe, Jonathan Coe (Gallimard)Rosamond vient de mourir, laissant plusieurs cassettes enregistrées à la mystérieuse Imogen. Première tache de la nièce de Rosamond : retrouver Imogen, aveugle et adoptée très jeune par une famille. A travers ses récits et 20 photos, Rosamond va lui livrer son histoire que personne n’a eu soin de lui conter ainsi que celle de sa famille.
Tristesse, mélancholie mais aussi tendresse ponctuent ce très beau roman
Seul dans le noir, Paul Auster (Actes Sud)Contraint à l’immobilité, suite à un accident de voiture, August Brill, critique littéraire à la retraite tente d’écrire ses souvenirs dans une Amérique ou le 11 septembre n’aurait pas eu lieu et un pays non pas en guerre contre l’Irak mais en proie à la guerre civile.
Nous voila embarqués dans une intrigue policière ou le personnage inventé par l’insomniaque de retraité est chargé de tuer…celui qui l’a crée…
Un texte très sombre et pessimiste dénonçant l’impérialisme américain et l’absurdité de la guerre.
Paris- Brest, Tanguy Viel (Minuit)A travers une autobiographie déguisée Tanguy Viel nous démontre par A+B que la famille est un enfer et non le doux cocon rêvé.
Un lieu ou l’on se hait cordialement, le foyer de tous les refoulements .
A travers les portraits d’une grand-mère devenue riche sur le tard, de parents partis pour Palavas mais revenus dans le Finistère, alléchés par l’odeur de l’argent, de 2 frères, l’un homosexuel et l’autre, Louis, installé à Paris grâce au butin volé de sa grand-mère, l’auteur nous peint une monosociété moderne, mue uniquement par l’argent.
Les masques tomberontpetit à petit, provoquant la ruine et la libération des uns et des autres tel ce père maladroit, qui par un dernier geste, anodin mais émouvant, offrira au roman et à son fils une bouffée d’air frais inespéré
C’est très dur et très cruel.
Paradis conjugal d’Alice Ferney (Albin Michel)Lassé de vivre
avec une épouse qui a renoncé à son
role d’épouse, preuve en est des heures passées à regarder
en boucle le film de Mankiewicz,chaines conjugales, Alexandre quitte le
domicile conjugal.Reviendra-t-il?
Alice Ferney, avec un style assez féministe, s’interroge sur
le mariage, l’amour conjugal, la suspicion et la lassitude du couple.
Le cinéma, miroir de la vie?
La porte des enfers de Laurent Gaudé (Actes Sud)Toujours très attaché à la mythologie, Gaudé renoue avec le mythe d’Orphée et des enfers.
Matteo, dévasté par la mort de son fils tombé sous des balles perdues à Naples se met en route pour les enfers avec un prêtre hors du commun.
Mais peut-on en revenir? Que deviennent nos très chers disparus? Que vivent-ils?
Un conte douloureux, lyrique.
Un livre obsédant.
Un brillant avenir de Catherine Cusset (Gallimard)Une bouleversante saga sur 50 ans, de la Roumanie aux Etats-Unis en passant par Israel.
La vie d’une femme, ballotee de ville en ville sous Caucescu, fuyant Israel sous les tirs et enfin heureuse dans sa vie à New-York. Jusqu’au jour ou son fils lui présente sa fiancée française…
Subtile étude
des relations mère-fils ainsi que des jalousies
et mésententes mère-belle-fille.
Un jour avant Pâques de Zoya Pirzad
(Zoé)Entre la mer Caspienne et Téhéran, le narrateur arménien, Edmond, revient sur 3 périodes de sa vie. 3 chapitres de son enfance, de l’age adulte et de la maturité.
A travers ces évocations personnelles, se dessine une image de la vie et des coutumes arméniennes en Iran , des exilés et des interdits (épouser un non-arménien, jouer avec une musulmane..)
Des souvenirs égrenés
tout au long de ce court roman, empreint de nostalgie.
Des petits faits de tous les jours, des tragédies, des moments vécus
et communs à tous les hommes.
De loin on dirait une île de Eric Holder (Le Dilettante)Décidant qu’il est grand temps d’aller vivre au bord de la mer, le narrateur et sa petite famille s’installent à la pointe de la Gascogne, dans le Médoc. De loin, on dirait un petit coin de paradis dont il tente d’apprivoiser l’âme, mais il n’est pas aisé de se faire accepter par les habitants de ces terres rongées par l’océan.
Pourtant, jour après jour naissent des relations simples qui font que de cet îlot émerge une humanité généreuse. S’attachant aux « passants », ceux qui traversent sa vie parfois comme un éclair mais dont la présence demeurera en lui, Éric Holder déroule le fil des saisons, car « écrire, qui rembourse d'aller vite, permet d'effectuer enfin un bout de chemin ensemble ».
Synghé
Sabour, pierre de patience de Atiq Rahimi (POL)Dans un pays en proie aux bombardements et à la terreur, un homme gît. Sa femme ne compte plus les heures ni les minutes ; désormais ses journées sont rythmées par les respirations de l’homme, sur lesquelles elle a réglé les siennes et par le chapelet qu’elle égrène en récitant les noms d’Allah.
Petit à petit l’homme devient pour elle la Syngué Sabour, la pierre de patience, cette pierre qui, selon la mythologie perse, absorbe souffrances et douleurs. Ainsi, ce corps inerte se fait le témoin muet et immobile des secrets de sa femme et de sa détresse. Mais la légende dit aussi que la pierre éclate un jour, et que ce jour-là, elle délivre du malheur.
Un livre bouleversant sur les mensonges et secrets d’une femme afghane, abandonnée à la solitude et au mépris de son mari.
A méditer tout en relisant Terre et cendres du même auteur.
Le
village de l’Allemand de Boualem Sansal (Gallimard) Suite à la mort de leurs parents, assassinés par le GIA dans un village en Algérie, 2 frères élevés par leur oncle en France, partent à la découverte du passé de leur père.
Le premier Rachel dont on découvre son journal ne s’en remettra pas, se suicidant après 2 ans de recherche. Comment vivre sans état d’âme alors que le père a été un criminel au service de la machine nazie ? Pourquoi est-il enterré sous le titre de cheik et non Hans Schiller ?
Le second, Malrich, image parfaite du jeune des cités, va par la lecture du journal découvrir le mal nazi et les dérives religieuses de l’Islam. Après de longues réflexions, il prendra conscience de son quotidien sans avenir.
A travers ce dernier livre, Sansal a écrit un roman choc, interdit en Algérie, dénonçant toute forme d’intégrisme religieux ou politique. L’horreur du nazisme, la peinture réaliste des banlieues et ses violences, la peur et l’omerta des cités font de ce livre un véritable manifeste contre la violence.
Les déferlantes de Claudie Gallay (Le Rouergue)La Hague, le bout de l’ile, un paysage âpre et hostile.
Des personnages, aussi uniques que la narratrice, échouée dans ce no man’s land, employée par le Centre ornithologique, Nan, la vieille que l’on dit folle, dans l’attente d’un certain Michel que la mer n’a jamais rendu, Théo le gardien du phare, ce soir-la…, Lambert de retour après 20 ans pour faire la lumière sur la disparition de sa famille disparue en mer.
Un foisonnement d’hommes et de femmes, écorchés vif, aux ailes brisées par la vie qui vivent dans leur silence et leur secret hors du monde des vivants… des ombres…
Ce 5eme livre, après Seule Venise et Dans l’or du monde nous replonge dans cet univers si particulier de Claudie Gallay. A lire.
Eau-de-feu de François Nourissier (Gallimard)En écho à l’Eau grise, 1er roman paru en 1951, E. Nourissier nous narre la descente terrible et destructrice de sa femme Reine, s’autodétruisant dans l’alcool.
Livre sur l’alcool et ses dégâts mais aussi auto-analyse de celui qui impuissant se sent coupable d’avoir entrainé son épouse sur cette voie.
Il y a dans ce livre une recherche jusqu’auboutisme du pourquoi et du comment, une analyse de l’amour et de l’ennui au fil des ans, au sein du couple.
Ce récit est le chant du cygne.
Eric Faye, L’homme sans empreintes, février 2008, StockStig Warren? Osborn? Walden? Robinson? Bütow? Allemand, américain, scandinave ? Impossible d’identifier le fameux écrivain Osborn, qui a filé une existence sans n’avoir jamais laissé de trace.
Alors qu’il est à présent donné pour mort, le journaliste Thomas Ahorn et Rebecca, maîtresse des derniers jours du héros, persistent à vouloir percer le mystère auprès de l’épouse du défunt, Aurelia Valadero.
Le roman entraîne le lecteur dans une enquête qui avance de rebondissement en rebondissement jusqu’à la dernière ligne. Un roman singulier dans son genre, qui captive notre intérêt par son intrigue, mais éveille aussi notre réflexion sur la problématique de l’écrivain face à son œuvre, et face à la gloire qui en découle. « [L’écrivain] doit s’effacer complètement, sa biographie ne fait aucun sens, elle se confond avec son œuvre. »
Les années d’Annie Ernaux (Gallimard) « Les années » s’impose comme l’aboutissement d’une démarche autobiographique. Tout en discrétion et retenue, Annie Ernaux déroule son enfance d’après-guerre, sa jeunesse et sa vie de femme dans le cadre d’une chronique de l’Histoire jusqu’à nos jours.
Avec des arrêts sur image, des photos qu’elle découvre, la femme « ne regardera en elle-même que pour y retrouver le monde…saisir le changement des idées, des croyances, la transformation des personnes et du sujet qu’elle a connus et qui ne sont rien »
Aucun « je » mais « nous », « on ». Une portée universelle bien plus passionnante qu’une simple autobiographie.
Dans ce merveilleux récit, Ernaux inscrit la mémoire collective dans la mémoire individuelle.
A lire.
L’amant de ligne 11 de Rina Novi (Buchet-Chastel)Depuis la mort de son mari, c’est métro, boulot, dodo pour Céline. Jusqu’au jour où dans un métro bondé de la ligne Chatelet-Mairie des Lilas, Cécile sent un doigt égaré dans son chemisier. Une erreur? Un pervers? Un geste involontaire?
Des attouchements, des petits mots de papier glissés dans la main vont réveiller la vie sensorielle de la jeune femme, qui attend avec excitation ces rencontres. Un moment volé au temps quila fait renaître à la vie.
On se laisse gagner par le trouble et les moments d’érotisme.
La chambre de Mariana de Aharon Appelfeld (L’Olivier)Livre magistral sur un enfant rescapé de la Shoa, secouru et élevé par une prostituée.
Pour échapper à la traque des Nazis, Hugo passe des jours et des nuits, enfermé dans un placard, à l’écoute des voix, des bruits, totalement dépendant du bon vouloir de Marianne.
L’heure de la liberté ayant sonné, Hugo devra apprendre à vivre seul, abandonnant l’espoir de revoir les siens.«Ceux qui ne sont pas rentrés ne rentreront pas.»
50 ans plus tard, l’auteur n’a rien oublié de cette femme qu’il a aimée comme sa mère puis comme une femme qui l’a initié aux plaisirs de l’amour.
Du même auteur, Floraison sauvage (Point) et Histoire d’une vie (Point)
Le boulevard périphérique d’Henri Bauchau (Actes Sud)Alors qu’il rend visite a sa belle-fille, hospitalisée pour un cancer dans la région parisienne, la narrateur se souvient de Stéphane qui l’a initié à l’escalade et au dépassement de soi.
Le temps a passé. Stéphane, engagé dans la résistance, est mort sous les coups de la Gestapo, sans doute en héros, et la mort menace toujours notre monde bruyant et notre quotidien stressant.
A travers ce merveilleux roman, Bauchau réussit à transcender le malheur de ses personnages grâce à l’espoir et à l’amour de la vie.
La marche de Mina de Yoko Ogawa (Actes Sud)Pour la première fois Yoko Ogawa explore le thème de l’étranger et de l’enfance.
Après le décès de son père,Tomoko est envoyée chez son oncle à Kobé, pour un an. Elle va y faire la connaissance d’une famille aisée, d’une grand-mère d’origine allemande, côtoyer sa cousine Mina d’une dizaine d’années qui vit dans son monde imaginaire et se nourrit de littérature, d’un hippopotame nain sans parler de son oncle qui disparaît sans crier gare. Un récit entre onirisme et réalité. Très tendre.
Swap d’Antony Moore (Liana Levi)Pseudonyme d’un psy anglais, A Moore sait plus que tout autre explorer le malaise, les névroses et les comportements échec de ses personnages. Les retrouvailles d’anciens élèves d’une école en Cornouailles vont être l’occasion unique pour Harley de remettrela main sur une BD qu’il a échangée très jeune avecBleeder. Surtout qu’un tel livre pourrait rapporter gros…
Mais alors qu’il entre par effraction chez Bleeder, il découvre le cadavre de sa mère et constate que la cave été fouillée de fonds en comble
Beaucoup d’humour noir.
Rêve d’amour de Laurence Tardieu (Stock)Alice, la trentaine, est en quête de sa mère qu’elle a perdue à 6 ans.
Peu de souvenirs précis, encore moins de témoignages ou d’images détruites par son père. Comment combler ce vide, cette absence ?
Un lien apparaît soudain, un homme, peintre que sa mère aurait aimé.
Alice se lance alors dans cette recherche en s’accrochant à ce rêve pour renaitre enfin.
Mon traitre de Sorj Chalandon (Grasset). Au milieu des années 70, Antoine, luthier parisien, tombe amoureux de l’Irlande et de la cause de l’IRA. Il y rencontre l’amitié, la solidarité entre les hommes, l’engagement politique pour le meilleur et pour le pire. Parmi eux, Tyrone Meehan, figure emblématique du mouvement…
Castor de guerre de Danielle SallenavePour le centenaire de Simone de Beauvoir, s’appuyant sur les œuvres, le journal et la vie du personnage mythique, D. Sallenave dresse le portrait complexe d’une volonté en marche. Une femme qui se voulait libre d’agir et de penser, loin des carcans de la société bourgeoise et qui, pourtant, s’est faite piéger par plus d’une idéologie existentialiste ou politique.
Un nouveau regard sur une grande figure féministe.
Le canapé rouge, de Michèle Lesbre (Wespieser)A l'occasion d'un voyage à travers la Sibérie, pour retrouver un amour de jeunesse, Clémence se laisse porter par ses souvenirs, passé et présent qui la renvoient à la vieille dame de son immeuble à Paris, à qui elle fait la lecture. Confidences, complicité, récits de moments heureux vont contribuer à lui rendre sa raison de vivre. Tout se tisse, se noue pour une superbe leçon de vie.
Le târ de mon père, de Yasmine Ghata (Fayard)Merveilleux voyage initiatique de deux frères dans un environnement désolé en Iran. Un instrument de musique, le tar, n'émet plus de son depuis la mort du père. L'ainé à qui revient de droit l'objet, cheminera en compagnie de son frère des jours durant, traversant des èpreuves douloureuses pour trouver la réponse à ce silence. En découvrant à cette occasion le secret de sa mère et la faute de son père, il permettra la renaissance de tous. Enchanteur.
J'ai tant rêvé de toi, de Olivier et Patrick Poivre d'Arvor
(Stock)La narratrice, jeune fille anorexique, ombre de la fille d'un des auteurs , part pour Prague, sur les traces de son père dont elle ignore tout, sinon qu'il est un poète reconnu et fut l'amour de sa mère. Qui rencontrera-t-elle ? l'homme qui a recueilli les derniers écrits de Desnos ? le dandy qui aime les femmes ? son père qui pourrait être son ancrage dans la vie ? Une intrigue bien menée pour un portrait très émouvant d'une jeune fille de notre temps.
Nous vous offrons aussi un petit coin bouquiniste.
Des livres brochés et reliés :
Vous êtes à la recherche d’éditions speciales ou de textes particuliers ? Faites-nous part de vos desiderata.
Victime de ses belles-sœurs semeuses de troubles et d’un mari lâche, Marie-Louise s’apprête à quitter l’asile psychiatrique qui doit fermer ses portes.
Emmanuelle est mariée, mère de trois enfants, travaille dans une entreprise et sent combien sa vie ne ressemble plus à rien.
Inutile de relire les 2 premiers textes, Faire l’amour(2002) et Fuir(2005) pour comprendre l’histoire de Marie.
Dans ce récit des plus accomplis, Mauvignier revient sur les démons et les fantômes qui hantent encore les hommes qui ont combattu en Algérie.
Le « bon » vieux médecin est à l’agonie.
Comment revivre l’Histoire de France au fil des stations du métro parisien ?
1er roman qui n’a rien à envier aux habitués des prix…
Apparus pour la 1ere fois en 1959, retrouvez-les dans le nouvel album, n 34
Le livre d’or
Ce roman est une étrange histoire d’amour et un hommage à la puissance de l’imaginaire.
Varsovie 1942. Yan Karsky est un messager de la Résistance polonaise...
BW sont les initiales de l'ancien éditeur de Verticales (Seuil)
C'est l'histoire d'un homme en quête jamais assouvie de liberté...